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Carnet de Voyage d’un Franc-maçon chrétien

 

 

 

 

 

 

 

C’est en 1962, que j’ai découvert pour la première fois « La Sagrada Familia », ce « Temple Expiatoire » financé depuis le début de sa construction uniquement par les aumônes, les dons et  aujourd’hui par les très nombreuses visites.

J’avais alors douze ans et c’est avec émotion que je la découvrais.

 

J’ai le souvenir d’un immense chantier où  seulement la Crypte, le mur extérieur de l’Abside et la Façade de la Nativité étaient visibles, le reste étant une forêt d’échafaudages ……

 

Depuis, c’est toujours avec la même émotion que je vais tous les ans  à sa rencontre.

 

Ainsi je découvre chaque fois les nouvelles réalisations de la construction de cette magnifique Basilique.

 

Elle fut consacrée par le Pape Benoit XVI le 7 Novembre 2010, soit 128 ans après la pose de la première pierre le 19 Mars 1882 par Mgr José Maria de Urquinaona y Vidot, Evêque de Barcelone.

 

De visite en visite, d’années en années, j’approfondis l’œuvre majeure d’Antoní Gaudí, non sous son aspect architectural, mais plus sur son aspect symbolique.

 

En quelque sorte, à chacune de mes visites, je découvre au fur et à mesure de son dévoilement (suivant l’avancement des travaux) ce chemin de Foi, véritable voie initiatique que propose cet immense Architecte à travers son œuvre majeure.

Il disait :

 

« Tout le monde trouve ce qu’il cherche dans le Temple : les paysans y voient des poules et des coqs ; les scientifiques, les signes du zodiaque ; les théologiens, la généalogie de Jésus. Mais l’explication, le raisonnement, n’est connu que des êtres compétents et ne doit pas être vulgarisé ». 1*(Conversation de Gaudí avec Joan Bergós)

 

Ainsi chaque visiteur peut y rencontrer ce qu’il doit y trouver et peut être pour certains, ce sera le commencement d’un Chemin intérieur, dévoilé par l’étude symbolique du «Temple de la  Sagrada Familia ».

 

Laissons nous guider par Antoni Gaudi lui-même, qui, durant les quarante années qu’il consacra à la réalisation de son chef d’œuvre, devint profondément mystique, et vivons pleinement  cette expérience à la fois Esthétique et Spirituelle.

 

Il est une partie de la Basilique que le visiteur non averti a de la difficulté à percevoir et à comprendre puisque, encore à ce jour, non terminée.

C’est le Cloître.

 

L’Architecte, lorsqu’il le commença, donnait l’explication suivante :

 

« Le cloître, dont la porte du Rosier fait partie, sera conçu de façon à pouvoir y prier le rosaire en procession et à isoler le Temple des bruits de la rue. Nous ne pouvons pas l'achever maintenant mais j'ai fait cette porte du Rosier et une petite partie du cloître de façon à donner une idée à ceux qui prendront la suite…“  1*.(M. GSF. 43 Gaudi et la Sagrada Familia expliqué par lui-même)

 

Sa disposition est surprenante, à la différence des cloîtres que nous rencontrons dans les Abbayes ou Cathédrales généralement adossés à l’un des murs de la Nef, ici il entoure le Temple et l’enferme dans un rectangle ou carré long.

Il est la séparation entre le monde extérieur ou espace profane et le monde Intérieur ou espace Sacré.

 

Il est étonnant de constater à quel point sa situation correspond pleinement à la définition symbolique qui nous est donnée par  Jean Chevalier et Alain Gheerbrant dans leur dictionnaire des symboles :

 

 “À la croisée des quatre avenues de l’espace, le puits, un arbre, une colonne, marquent l’omphalos, le centre du monde. Par là passe l’axe du monde, cette échelle spirituelle dont les pieds plongent dans les ténèbres inférieures“  “c’est également un centre cosmique, en relation avec les trois niveaux de l’univers : le monde souterrain par le puits, la surface du sol monde terrestre, le monde céleste avec l’arbre, le rosier, la colonne ou la croix.

De plus, sa forme carrée ou rectangulaire,  ouverte sous la coupole du ciel, figure l’union de la terre et du ciel.

Le Cloître est le symbole de l’intimité avec le Divin. “

 

Ici c’est le Temple lui-même qui est à la croisée des quatre avenues. Il est donc l’Omphalos, symbole du centre du monde, du centre de l’Univers. Il devient ce lieu de rencontre intime avec Dieu.

 

Mais avant de pénétrer dans ce centre, le Cloître nous invitera, lorsqu’il sera terminé, à une déambulation ordonnée.

Véritable purification, ce chemin sera balisé par les quatre Obélisques situées à ces  quatre angles, et nous invitera à une véritable transformation vertueuse :

 

La première, à l’angle Sud, nous amènera  à la rencontre de la vertu de JUSTICE, là où se trouve le Baptistère, à l’intersection de la façade de la Gloire (encore en construction) et de la façade  de la Passion.

 

La seconde, à l’angle Est, nous incitera à pratiquer la vertu de la TEMPERANCE, là où se trouvera la Chapelle de la Pénitence (non encore construite), à l’intersection de la façade de la Gloire et de la façade de la Nativité.

 

La troisième, à l’angle Nord, nous invitera à pratiquer la vertu de PRUDENCE, là où se trouvera la deuxième sacristie, à l’intersection de l’Abside et de la façade de la Nativité.

 

Enfin à l’angle Ouest, là où se trouve la première Sacristie (aujourd’hui réalisée), à l’intersection de l’Abside et de la façade de la Passion, le quatrième Obélisque nous donne la vertu de FORCE.

 

C’est fortifiés par les quatre vertus Cardinales, que nous accédons à l’intérieur du Temple par  la porte du Rosier dans la façade latérale de la Nativité.

 

Cette entrée se fait en traversant le portail et ses trois portes représentant les trois Vertus Théologales : FOI, ESPERANCE, CHARITE. Ces Vertus  infusées dans notre Âme, nous entrons dans le Transept.

 

Là, en son milieu,  se trouvent  quatre colonnes. Elles symbolisent les quatre Evangélistes et sont  décorées uniquement en leur chapiteau : d’un Aigle pour Jean, d’un taureau ailé pour Luc, d’un lion ailé pour Marc et d’un homme qui s’apparente à un ange avec ses ailes pour Mathieu.

 

Ce centre du transept, centre de la Croix qu’il forme avec la nef, devient le creuset où s’effectue la transformation si nécessaire pour entrer en intimité avec Dieu.

 

1* Antoní Gaudí  Paroles et Ecrits  réunis par Isidre Puig Boada l’Harmattan